Oiseaux de proie du Québec

« Elle était là hier ! » Voilà sans doute la phrase la plus souvent entendue par l’ornithologue amateur à la recherche d’un oiseau précis, comme un strigidé l’hiver venu. Vient ensuite : « Elle était là ce matin ! », une remarque qui fait un peu mal il faut l’avouer, mais pas autant que : « Elle était là tantôt ! ». Il y a pire. Par exemple dire à quelqu’un qui cherche la chouette lapone depuis un an : « Elle était là ce matin ET tantôt ! » Si vous êtes sur cette page, c’est qu’elles sont bien là !

Balbuzard pêcheur

« Le balbuzard fend la rivière, il garde la mémoire des poissons et des hommes qui pêchent. »  —Natasha Kanapé Fontaine Bleuets et abricots (2016)

La tête est blanche avec une bande noire de l’œil jusqu’à l’arrière du cou. L’œil est jaune et le bec est gris et recourbé. La poitrine, le ventre et les aisselles sont blancs. Le bout des ailes et les poignets sont bruns. Le dessus du corps est brun foncé. Le dessous blanc et les poignets bruns le distinguent des autres oiseaux de proie en vol. La tête est blanche avec une bande noire derrière l’œil. Il vit en bordure des plans d’eau dans les forêts et les parcs. Il plonge pour attraper les poissons avec ses puissantes serres. Présent sur tout le territoire du Québec, sauf le Grand-Nord.

Lors de la construction de l’autoroute 50 à la hauteur de Buckingham, aujourd’hui Gatineau, le ministère des Transports avait déplacé le nid d’un balbuzard pêcheur sur un poteau installé non loin, en bordure de cette voie rapide. Le résultat avait été positif. Aux dernières nouvelles, on peut toujours voir le nid en circulant sur l’autoroute.

Buse à épaulettes

Plus petite que la buse à queue rousse. Chez l’adulte, le dessous est barré d’orange vif. Les ailes sont marquées d’un damier noir et blanc bien net. Elle est souvent observée dans les zones forestières où elle chasse à partir de perchoirs.


Buse à queue rousse

« La Buse à queue rousse n’est pas voleuse de poulets. C’est la souris qui l’intéresse. »Pierre MorencyDans L'Œil américain (1989)

Se perche souvent au sommet des poteaux téléphoniques, des lampadaires et les points surélevés comme les grands arbres. Plumage extrêmement variable avec plusieurs différences régionales. Chez les adultes de l’Est le dessous est clair avec le ventre traversé de marques foncées. Elle plane et ne bat quasiment pas les ailes.


Chouette lapone

« La chouette me parle d’un temps sans routes, elle répète son appel dans l’épaisseur de mes rêves. » — Jean SiouiAu couchant de la terre promise (1997)

Elle vient faire un tour l’hiver dans nos régions, mais c’est par cycle. Cela dépend sans doute de la nourriture disponible au nord. On remarque sa tête ronde, sans aigrettes. C’est une bonne manière de distinguer la chouette du hibou qui lui a des aigrettes. Ses yeux sont jaunes. Chasse le jour. À noter le noeud papillon noir et blanc.


Chouette rayée

« La chouette rayée tourne ses yeux vers moi, comme si elle lisait mes pensées perdues. » —Joséphine Bacon Un thé dans la toundra (2013)

Grosse chouette forestière gris-brun avec une très grosse tête. Il préfère les grandes forêts matures, souvent près de l’eau. Poitrine barrée sur la largeur et ventre rayé sur la longueur. Dos moucheté de blanc.

Crécerelle d’Amérique

« Le faucon crécerelle fend l’air, rapide comme un mot qui veut passer. » — Joséphine BaconNous sommes tous des sauvages (2011)

Petit faucon à peu près de la même taille que la tourterelle triste. Il a une queue plus large et une tête plus grosse. On en voit perché sur les fils téléphoniques et dans des secteurs découverts à végétation courte et avec peu d’arbres. Niche dans des cavités. Photo prise lors d’une présentation hivernale au bois de l’Équerre de Laval par Faucon-Éduc.


Effraie des clochers

Un bel oiseau de proie qui vit notamment dans les greniers, les clochers d’église, les granges et les vieux bâtiments. L’effraie a un visage en forme de cœur et des plumes très pâles, ce qui lui donne un aspect fantomatique. Son cri sifflant a sans doute contribué à son nom qui évoque la peur ou l’effroi chez ceux qui l’entendaient depuis les clochers ou les granges.

Plutôt rare au Québec l’effraie est principalement observé dans le sud de la province dans les milieux ouverts comme les champs, les prairies et les zones agricoles. Son cri sifflant et perçant, surtout la nuit, a pu contribuer à son nom « effraie », évoquant la peur ou l’effroi chez ceux qui l’entendaient depuis les clochers ou les granges.

Cette chouette nocturne n’est pas si effrayante à la regarder de près.

Épervier brun

Même s’il est plus petit, il peut être confondu avec l’épervier de Cooper en ce qui concerne le plumage. Toutefois, ce dernier affiche une queue plus longue arrondie à l’extrémité, un corps plus robuste et une tête proportionnellement plus grosse par rapport au reste du corps. En vol, l’épervier brun possède une silhouette légèrement différente : il a des ailes brèves et arrondies, sa queue barrée de noir et de gris possède un bout carré. Son capuchon est sombre, ses parties supérieures et ses ailes sont gris-bleu. Le dos est souvent aléatoirement maculé de petites taches blanches.

Il cherche ses proies depuis un perchoir ou en vol à faible hauteur. Il capture de petits oiseaux en attaque surprise. Inutile de dire que les mésanges, sittelles et pics mineurs sont soudainement silencieux et ne bouge pas d’une plume lorsqu’un épervier brun est dans les parages.

Épervier de Cooper

Épervier petit à moyen à ailes relativement courtes et arrondies et à queue arrondie. L’adulte à un dessus gris et un dessous traversé de barres orange et clair. L’immature est plus brun et rayé. Il ressemble beaucoup à l’épervier brun, mais il est plus gros. Il se nourrir principalement d’oiseaux en vol.


Faucon émerillon

« Le faucon traverse le ciel d’une seule ligne, rapide comme une vérité impossible à cacher. » — Rita MestokoshoChaque soir j’entends ta respiration (2012)

Petit faucon agressif. Dessus foncé et dessous plus clair rayé; les teintes foncées du plumage varient selon la région géographique. Se nourrit principalement d’oiseaux capturés en vol. S’observe dans divers habitats : prairies, forêts peu denses et en particulier zones côtières fréquentées par les oiseaux de rivage. En vol, on remarque les ailes pointues et les battements d’ailes rapides et continus.

Grand-duc d’Amérique

« Dans la nuit boréale, le hibou appelle, gardien des songes qui savent encore nos histoires. » —Joséphine Bacon Nous sommes tous des sauvages (2011) 

Grand hibou. S’observe dans divers habitats. Il fréquente aussi les petites villes et les banlieues avec des massifs d’arbres. Généralement un plumage foncé, mais de couleur variable. Il se nourrit de divers animaux dont des mammifères, des oiseaux et des reptiles.


Harfang des neiges

« Dans l’air glacé, d’un vol lent et sinistre, / Le hibou blanc erre de toits en toits… » François-Xavier Garneau, « L’hiver » (19e s.)
« Le harfang des neiges veille sur la nuit boréale, ses yeux jaunes percent l’obscurité comme deux soleils gelés. » — Joséphine BaconUn thé dans la toundra (2013)

L’oiseau emblème du Québec depuis 1987 nidifie au nord, mais il est souvent vu au sud en hiver en milieu agricole à la recherche de petits rongeurs et d’oiseaux. L’adulte est presque tout blanc. On retient chez le harfang sa face d’un blanc immaculé. On le voit souvent perché sur des poteaux, des piquets ou des silos. Il a une présence presque fantomatique par temps gris et neigeux.

Hibou moyen-duc

Hibou de moyenne taille, plutôt élancé. Sa face est partiellement orangée. Il a de longues aigrettes ressemblant à des oreilles. Il est strictement nocturne. Il se tient dans des zones offrant un mélange de couvert dense où il se repose, comme des bosquets de conifères, et où il y a des espaces découverts par la chasse. Généralement rare et pas souvent aperçu. Toutefois plusieurs peuvent se regrouper dans des dortoirs hivernaux. C’était sans doute le cas au parc Frédéric-Back de Montréal durant l’hiver 2024. Quatre spécimens avaient choisi deux conifères voisins pour passer l’hiver. Ils ont enchanté les photographes.


Petit-duc maculé

Je l’ai baptisé affectueusement le gardien du stationnement du parc Bernard-Landry à Laval. Ce petit hibou est trapu avec une grosse tête et sans cou. Sa couleur varie du gris au roux vif (brun-rougeâtre). Son motif complexe permet un parfait camouflage sur fond d’écorce d’arbre. Yeux jaunes. Il est actif la nuit alors qu’il chasse les petits oiseaux et les mammifères. Il se repose et niche dans des cavités.

Nyctale de Tengmalm

Ce petit hibou qui niche en zone boréale apparaît à l’occasion l’hiver dans le sud du Québec environ une fois à tous les quatre ans pendant les périodes de faible abondance du campagnol à dos roux. Avec sa grosse tête et ses grands yeux, ce strigidé est de faible taille. Cette espèce est timide et discrète. Elle chasse la nuit et se repose pendant la journée, souvent bien cachée sousun épais couvert végétal. Son nom rend hommage au naturaliste suédois Peter Gustaf Tengmalm. L’observatoire d’oiseaux de Tadoussac surveille depuis 1996 la petite nyctale et la nyctale de tengmalm et a constaté une tendance à la baisse dans les populations de nyctales de Tengmalm dans les dernières années.

« Les indices de condition corporelle relevés à Tadoussac depuis 30 ans montrent une diminution de l’indice de chair durant la migration automnale. Ce déclin du développement musculaire pourrait indiquer une dégradation de l’habitat, possiblement liée à la réduction des forêts anciennes. Ce phénomène est préoccupant, car il peut nuire à la survie, à la reproduction et à la résistance hivernale des nyctales », lit-on dans un communiqué daté du 15 octobre 2025.

À découvrir

Chouette à Voir! oeuvre à la conservation des oiseaux de proie et de leurs habitats naturels.

→ Visitez le site officiel de Chouette à Voir!

search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close